mindfulness

Mindfulness et dépression

Devenir pleinement conscient du moment présent, voilà une technique de plus en plus prometteuse qui puisse permettre d’intervenir auprès de la dépression.

Le Mindfulness se veut une technique de méditation qui requiert patience et pratique afin de bien pouvoir être mise en place. Au fait, le mindfulness ou la « pleine conscience » réfère au processus de recentrer son attention sur le moment présent, en l’acceptant tel quel et sans jugement: la respiration, les sensations vécues dans l’instant présent, les émotions, les façons dont elles se présentent, leur durée de temps, leur disparition, etc. L’objectif repose sur la capacité d’un individu à s’auto-observer de manière neutre et se regarder à la troisième personne. Il ne faut pas chercher à comprendre mais simplement à regarder, ressentir, constater et accepter ce qui nous habite dans l’immédiat, tout en demeurant conscient du moment présent.

Cette approche peut paraître mondaine, mais la psychothérapie commence à employer de tels moyens pour traiter diverses conditions qui puissent affecter un individu. En pratiquant la pleine conscience, le Mindfulness, un individu anxieux peut être mené à temporairement abandonner ou même (encore mieux) accepter ses craintes et vivre le « moment présent »: il ne s’agit pas de se retourner vers le passé ou de reculer devant le futur, mais bien de vivre ce fameux moment présent pour échapper les pensées qui finissent en cercle vicieux, en vue de libérer l’esprit de son fardeau.

Au fait, le mindfulness s’est avéré surtout efficace auprès de troubles comme la dépression. De plus en plus d’études sont entrain de montrer qu’une bonne stratégie d’intervention méditative, qui prône la pleine conscience, réduit de manière significative les symptômes de déprime immédiatement après chaque session ainsi qu’après la fin de la thérapie elle-même, et ce jusqu’à plus de trois mois suivant sa terminaison. L’effet le plus significatif ayant été observé jusqu’aujourd’hui s’avère être la diminution du taux de rechute chez les individus ayant souffert d’une dépression. Au fait, la logique veut qu’outiller l’individu lui permettra de mettre à sa disposition les ressources nécessaires pour se recentrer soi-même et briser le cercle vicieux qu’une dépression peut venir installer, alors que la médication en tant que traitement n’amène rien de « concret » à l’individu et donc aucun outil dont il pourrait se servir pour corriger ses pensées.

On commence d’ailleurs à appliquer cette pleine conscience auprès de diverses autres conditions, dont l’anxiété (où les résultats sont prometteurs) et même les cas de douleur chronique. Voilà donc une ressource supplémentaire et prometteuse qui puisse joliment complémenter d’autres stratégies thérapeutiques de prédilection. Il est important de noter que la médication a définitivement une place importante en tant que traitement pour plusieurs différentes raisons: elle agit rapidement, elle permet à l’individu de se remettre sur pied et elle le prédispose aussi à s’ouvrir et à mieux réagir à une intervention, par exemple. Cependant, « quand un homme a faim, mieux vaut lui apprendre à pêcher que de lui donner un poisson. » En d’autres mots, il vaut toujours mieux d’apprendre à un individu comment surmonter une difficulté, au cas où elle apparaisse à nouveau.

Voici un excellent article (en anglais) qui traite plus en profondeur du sujet:

http://www.scientificamerican.com/article/is-mindfulness-good-medicine/

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