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Jeux Vidéo et cerveau: le négatif

Le présent article se veut la suite du dernier portant sur les avantages du jeu video. Celui-ci abordera les aspects néfastes des jeux vidéo sur le comportement et la cognition.

La recherche a montré que les jeux vidéo peuvent avoir des effets positifs sur les compétences comportementales et cognitives d’un individu. Cependant, il faut aussi accepter que des effets néfastes peuvent également se présenter au fil d’une exposition répétée aux jeux vidéo. En effet, tout comme certains jeux peuvent aider à développer des compétences sur le plan perceptif et cognitif, ils peuvent également mener au développement de comportements inadaptés. Il a été démontré que les jeux pro-sociaux conduisaient plus souvent à des manifestations quotidiennes d’un comportement d’aide envers les autres, alors que l’exposition à des jeux violents menait à des comportements neutres ou moins positifs qu’attendu. Au fait, dans une étude longitudinale dirigée par le Dr Gentile, un chercheur de renommée sur les effets des jeux vidéo auprès de la cognition, les résultats montrent que les enfants ayant pratiqué des jeux plus pro- sociaux au début de l’année scolaire démontraient davantage de comportements utiles et empathiques plus tard dans l’année scolaire. L’inverse s’est avéré vrai auprès d’enfants exposés à des jeux plus violents, eux qui ne présentent pas nécessairement un comportement «violent», mais qui démontraient significativement moins de comportements empathiques.

Autre qu’une accoutumance à la violence et une apparition de comportements moins pro-sociaux que le contenu violent de certains jeux peut conférer aux jeunes, certaines études montrent aussi que les enfants habitués à maintenir leur attention sur des jeux à rythmes rapide et sur des stimulantes de plus en plus complexes avaient de plus en plus de mal à en faire de même face à des activités moins stimulantes et plus lentes. Quand une personne s’habitue à être stimulée d’une telle façon pour des périodes de temps prolongées, il devient plus difficile pour elle de soutenir son attention sur une activité à rythme ralenti, par exemple un cours d’école ou le visionnement d’un documentaire. D’autres difficultés surgissent aussi suite à la pratique régulière de tels jeux sur de longues périodes de temps, ou lorsque la «dépendance» s’installe; en effet, l’utilisation excessive d’internet ou de jeux peut conduire à des conséquences néfastes sur le comportement telles que le retrait social, la solitude, la dépression, l’irritabilité et l’intolérance ou même des difficulté à se concentrer sur un travail peu stimulant ou dans des environnements sociaux moins gratifiants. Certaines personnes peuvent également voir leur seuil de frustration rabaissé: des comportements agressifs, crier par exemple, ou physiques peuvent survenir chez les personnes confrontées à des obstacles répétés qu’ils peinent à surmonter, voire à des évènements les forçant à interrompre ou à temporairement mettre fin à leurs activités de manière impromptue.

Par ailleurs, du temps passé à jouer aux jeux vidéo, c’est aussi moins de temps investi dans les études ou dans le sport: alors qu’il n’est pas rare de voir certains de ces étudiants passer moins de temps et d’efforts à travailler sur leurs projets ou leurs études d’examens (ce qui peut parfois compromettre le succès scolaire), d’autres seront plus assujettis à des problèmes de santé comme des douleurs au cou, un fonctionnement cardiovasculaire diminué ou de l’embonpoint.

L’avènement des jeux violents peut aussi désensibiliser certaines gens, en les éloignant des comportements empathiques tant recherchés pour plutôt les guider vers une approche froide, analytique et factuelle: être exposé à la violence peut conduire certains à devenir indifférents, désensibilisés ou moins réactifs lorsqu’ils sont confrontés à des évènements supposés susciter la compassion. Ce n’est donc pas un hasard si le personnel militaire a de plus en plus recours à de tels jeux et techniques pour attirer, embaucher et entraîner de nouveaux candidats. La désensibilisation a néanmoins sa place au sein de certains contextes, scénarios ou professions : prenez par exemple les logiciels à l’entraînement de procédures chirurgicales qui permettent de préparer les médecins à ne pas réagir ou ressentir quoi que ce soit lors de procédures spécifiques.

Il reste tout de même que Dr Gentile reprend toute cette problématique vis-à-vis les jeux vidéo de manière éloquante, en affirmant que “tout ce que nous pratiquons de manière répétée affecte le cerveau; or si nous pratiquons régulièrement des manières agressives de penser, de sentir et de réagir, nous ne faisons en fin de compte que devenir meilleurs à les mettre en application. Cela ne veut pas sans dire que les jeux violents provoquent nécessairement des comportements violents, parce qu’au fait, l’agressivité humaine est complexe et multi- causale. Mais la réalité demeure que lorsque nous pratiquons à être vigilant envers un ennemi, puis à réagir rapidement aux menaces pouvant être potentiellement agressives, nous nous habituons à la longue à simplement répéter ce script dans nos propres vies.” En d’autres mots, lorsque nous pratiquons à 1) constamment être stimulés par les sons -images- bruits ou d’être tendu et alerte; quand nous pratiquons à 2) être silencieux et seuls pendant de longues périodes de temps; puis lorsque nous pratiquons 3) l’inactivité, nous nous entraînons aussi à oublier comment 1) demeurer patents, concentrés et détendus; à oublier comment 2) interagir socialement et à initier ou maintenir des conversations; à oublier comment 3) pratiquer, maintenir et mettre de l’avant des habitudes de vie saines.

Là encore, il est important de se rappeler qu’il existe des applications positives aux jeux vidéo. Rappelons-nous que les bons outils utilisés de manière spécifique et convenable pour répondre à des besoins précis, à l’intérieur d’un contexte spécifique pourraient vraisemblablement s’avérer fort utiles et sont entrain d’ouvrir la porte vers des moyens d’intervention de plus en plus immersifs. De toute manière, réussir à apprendre à son enfant comment balancer ensemble responsabilité, nécessité et plaisir, permet d’établir des bases qui lui seront fort utiles dans le futur et qui lui permettront de mener un trail de vie sain.