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Jeux video et cerveau: le positif

Le débat est lancé quant à savoir s’il faudrait ou non laisser nos enfants jouer aux jeux video. Beaucoup de parents ne sont pas certains des effets qu’engendrent les jeux video sur la cognition de l’enfant : bénéfiques ou néfastes?

Les deux prochains articles tenteront d’exposer les points positifs et négatifs associés à cette question.

Bénéfices des jeux vidéos :

Plus que tout autre type de jeu, les jeux d’action ont longtemps dominé le marché au cours des dernières années et on dénombre encore aujourd’hui des millions d’usagers à travers le monde. Alors que bon nombre de parents sont réticents à voir leurs jeunes s’engager dans de tels jeux rapides et violents, il faut aussi constater que ces derniers sont capables d’entraîner plusieurs avantages cognitifs et comportementaux chez les personnes y adhérant.

Des améliorations en ce qui regarde la vision sous faible luminosité et l’acuité visuelle, l’attention visuelle comme la capacité à rapidement pouvoir localiser certains détails ou irrégularités, les capacités visuo-spatiales telles la rotation mentale, la visualisation ou l’orientation dans l’espace out été documentés à de maintes reprises. Par ailleurs, ces jeux d’action trépidants permettent également l’accroissement de la synchronisation, de la vitesse de traitement et des temps de réaction; ils facilitent aussi la flexibilité cognitive, soit la capacité à pouvoir alterner de manière fluide entre deux modes de pensée ou d’action, puis aident au niveau du repérage de détails et de la prise de décision en fonction d’une situation ou circonstance donnée. Plus encore, on observe aussi des améliorations chez ces personnes en ce qui regarde leur capacité de prédire, de déduire et d’estimer statistiquement les résultats, les réactions ou les conséquences d’une action/réaction : par exemple, avoir à décider et déterminer si certains évènements pourraient se produire, quand ils se produiront et sous quelles circonstances (imaginez l’élaboration rapide d’une embuscade ou d’une stratégie de contre-attaque, ou encore d’une feinte qui ferait réagir autrui comme on l’espère). On a beau minimiser l’apport de jeux vidéos, mais l’accroissement de telles compétences s’observe et se mesure selon les recherches.

L’idée derrière ceci est simple : c’est en forgeant qu’on devient forgeron. À force de pratiquer, on y arrive; on apprend et on intègre. L’expérience façonne le cerveau par la stimulation répétée de zones et de réseaux de neurones spécifiques, qui deviennent tout simplement utilisés plus efficacement au fil du temps avec la pratique répétée. Il s’agit d’un phénomène dénommé plasticité cérébrale. Dr Merzenich peint un parfait portrait de ce phénomène, en déclarant que ” les jeux qui nécessitent des jugements ou des actions de plus en plus précises et plus difficiles, à des vitesses plus élevées, qui nécessitent une attention soutenue et une capacité à pouvoir résister à des distractions progressivement plus attrayantes; des jeux qui permettent d’augmenter les capacités en mémoire de travail, qui fournissent des contextes pro-sociaux de formation et qui offrent des défis de plus en plus difficiles sur le plan cognitif – parmi plusieurs autres dimensions possibles offertes par le jeu – conduisent veut veut-pas vers des changements neurologiques positifs auprès des zones du cerveau qui soutiennent de tels comportements ou habiletés”.

Cependant, certains soutiennent que ces avantages pourraient être difficiles à bien identifier et cerner sans une solide méthodologie : par exemple, il se pourrait que les individus possédant de meilleures compétences visuo-spatiales que la moyenne, soient simplement plus enclins à jouer à de tels jeux parce qu’ils y sont naturellement bons, ce qui biaise d’ores et d’avant l’échantillon. Au contraire, d’autres chercheurs parviennent à observer et identifier des améliorations significatives auprès de telles capacités mais ils se questionnent à savoir si de telles améliorations pourraient réellement être généralisables dans un contexte quotidien : entraîner des compétences spécifiques et pointues n’améliore que des compétences spécifiques ou pointues, et pas autre chose.

En d’autres mots, être capable d’analyser rapidement une scène et d’y détecter de légères variations (par exemple, un ennemi caché dans l’ombre) est effectivement considéré comme une compétence spécifique et importante en situation de guerre virtuelle, mais cette aptitude n’est aucunement adaptée ni généralisable en contexte scolaire ou au bureau.

Néanmoins, des améliorations demeurent des améliorations. «Les jeux video sont des environnements de formation contrôlés puis sont aussi dispensés dans des contextes très motivants », explique le Dr Merzerich; selon cette perspective, les bons outils utilisés de manière spécifique et convenable pour répondre à des besoins précis, à l’intérieur d’un contexte spécifique pourraient vraisemblablement s’avérer fort utiles. Par exemple, la réhabilitation des capacités visuelles chez les personnes présentant une hémi-négligence; l’intervention au niveau de la motricité, de la rotation mentale et des capacités visuo-spatiales chez les personnes présentant un syndrome de dysfonction non-verbale; le redressement de la vitesse du traitement de l’information et de la prise de décision chez les individus présentant un trouble du déficit de l’attention ou un Sluggish Cognitive Tempo.

 

Restez branchés! La semaine prochaine: une analyse des impacts négatifs des jeux video sur la cognition!!

(Ces écrits sont basés sur quelques articles lus, y compris le numéro 12 de Neuroscience, date de décembre 2011, “Brain and Video Games”)

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