Dysphasie et aphasie: exemples et témoignages

La dysphasie est un trouble neurodéveloppemental spécifique qui perturbe le développement des aspects expressifs et réceptifs du langage, tandis que l’aphasie est un trouble du langage acquis qui survient à la suite d’une lésion cérébrale. Elles affectent le fonctionnement des zones du cerveau associées à la prononciation, à la phonologie, à la syntaxe et à la sémantique chez les personnes qui en souffrent.
La dysphasie et l’aphasie entraînent toutes deux des difficultés plus générales d’interaction, d’apprentissage ou de compréhension verbale. Un trouble de la prononciation affecte l’articulation lors de la production sonore du mot gouvernement (par exemple : “gewernma”), tandis qu’un trouble phonologique affecte la conscience et l’identification des séquences sonores dans un mot (par exemple : go/ re/ve/ne/rent ? gou/me/ren/vement ?). Lorsque la syntaxe est affectée, on observera plutôt des difficultés liées à l’usage et à la forme de la langue (ex : “Je ne comprenais pas avant” au lieu de “Avant, je ne comprenais pas”) ou à sa compréhension séquentielle ( ex : “Les pommes que j’ai achetées ne doivent pas être utilisées non lavées” signifie-t-il la même chose que “Les pommes ne doivent pas être lavées” ?) La perturbation sémantique affecte principalement le sens, les relations, le contenu et la signification des mots ou d’un message (par exemple : “La phrase est une fenêtre” au lieu de “Le message est clair”). Il existe également d’autres types d’aphasie acquise qui affectent, entre autres, la fluidité, la capacité à répéter un message ou d’autres amalgames fonctionnels, en fonction des zones touchées (Broca, Wernicke, faisceau arqué, etc.).

Il s’agit d’une condition difficile à imaginer ou à visualiser chez les personnes ordinaires, mais voici quelques exemples de dysphasie et d’aphasie :

Dysphasie

La dysphasie est un trouble du développement neurologique qui persiste dans le temps et ne disparaît pas.

Cependant, les interventions orthophoniques précoces pour la dysphasie permettent de travailler et d’améliorer le fonctionnement des jeunes enfants.

Aphasie

Exemple d’aphasie de Broca induite par une lésion physique acquise (accident vasculaire cérébral), où la sémantique est préservée mais où la fluidité, la production de mots et leur syntaxe sont affectées :

Les mesures d’intervention et de réadaptation peuvent grandement améliorer le fonctionnement. De plus, l’aphasie, acquise par nature, peut dans une certaine mesure se résorber avec le temps, le temps que le cerveau se réorganise (plasticité cérébrale). Voici une vidéo du même jeune, trois ans plus tard :

Il s’agit ici de l’aphasie de Wernicke, qui touche une autre zone plus antérieure du cerveau et qui produira un effet inverse, la production et la fluidité étant préservées alors que la sémantique est affectée :